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Histoires d’une parenthèse #2

Après vous avoir livré les premiers témoignages la semaine dernière, je reviens aujourd’hui avec les 10 derniers aujourd’hui. C’était assez intense de vous lire une nouvelle fois… Vous êtes tellement fortes et inspirantes, je ne cesse de le répéter mais c’est si vrai !

J’ai eu le sourire en lisant certains, des larmes avec d’autres et surtout beaucoup de tendresse pour vos histoires. Vous êtes incroyables, fortes, courageuses et de vraies battantes !

Merci de m’avoir fait confiance, merci d’avoir pris le temps de m’écrire, merci de nous livrer vos histoires ♥︎


Anaëlle, se laisser vivre

Avec mon mec, on a fait le choix de ne pas se confiner ensemble. Ça fait 1 an et demi que nous sommes en couple, et on vit réellement ensemble depuis Novembre. Tous les deux indépendants, on bosse de notre merveilleux appart de 18m2, donc H24 l’un sur l’autre depuis 5 mois ! Ça se passe bien mais, moi qui avant cette relation avait toujours été une célibataire hyper indépendante, j’ai parfois un peu de mal à respirer et à penser pour deux. Nous étions chez nos parents sur notre belle île de Noirmoutier pour les élections municipales pré confinement. Et du coup, à l’annonce de celui-ci nous sommes restés sur place. Ouais l’idée de retourner dans notre mini appart sans extérieur pendant une durée illimitée on n’était pas très chaud. Mais force à tous ceux qui l’ont fait et n’ont pas eu le choix. Moi chez mes parents, ma sœur m’y a rejoint, et lui chez les siens. C’est pas que j’avais pas envie d’être confinée avec lui, mais bien que j’adore mes beaux parents, être « obligée » de vivre à leur rythme, tout ça tout ça.. Et puis on va se manquer on va voir ce que ça fait ! Et puis avec ma sœur on en a vraiment profité pour faire pleins de travaux dans la maison pour s’occuper et la rafraîchir ! On habite à 7 minutes l’un de l’autre, et on a vraiment respecté ce confinement. On s’est croisé sur le parking du supermarché, on s’appelait en visio tous les jours évidemment. J’ai un peu retrouvé mon rythme, et je me suis vraiment rendue compte que c’était ce mec que je voulais dans ma vie et aucun autre. Je pense que ça a consolidé notre relation. Nous sommes prêts à nous retrouver et reprendre notre petit vie dès lundi !

Également en faisant du tri dans des anciens cours de BTS en 2009 – grande nostalgique que je suis je garde tout et j’ai vraiment retrouvé des pépites, et des souvenirs émouvants – j’ai retrouvé le numéro d’une amie que j’avais perdue de vue et à qui je pensais souvent. N’étant plus sur Facebook depuis deux ans, et elle pas sur Instagram, j’avais déménagé, et no news depuis 3 ans. Alors j’ai tenté, envoyé un message à cet ancien numéro. « Coucou Yasmine, c’est Anaboule ! Je ne sais pas si tu as toujours ce numéro mais je tente ! Tu me manques ! » Et elle m’a répondu ! Très heureuses toutes les deux d’avoir de nos nouvelles ! Elle vit près de chez moi en région nantaise et on doit se revoir dès que tout ça sera passé !

Moi je l’ai bien aimé ce confinement ! Même si après avoir repeint la facade de la maison, poncé et peint les volets, s’être occupé du jardin, regardé mille séries, et bossé un peu, je commence à m’ennuyer.


Louise, le pouvoir de l’écriture

Ce que j’aimerais raconter sont plutôt des petites anecdotes qu’une histoire à proprement parler, mais quoi qu’il en soit, je pense qu’elles peuvent faire sourire 

Pour moi, ce que le confinement m’a apporté c’est une nouvelle façon de communiquer avec mes proches. Par exemple appeler les proches à qui d’habitude on envoie un message rapide, on se rend compte que ça fait plaisir et que, finalement, on a plein de choses à se dire. J’ai aussi envoyé plusieurs cartes d’anniversaire, une petite attention qui peut peut-être adoucir le regret de passer cette journée sans sa famille et ses amis.

J’ai surtout eu envie de t’écrire car j’ai fait une autre petite chose, toute simple, mais que je n’avais pourtant jamais faite : écrire une lettre à mes grands-parents ! Ça nous fait du bien de mettre sur papier ce que l’on ressent, et eux s’étonnent de recevoir une lettre de leur petite-fille. Et à l’inverse, ma surprise de recevoir un appel vidéo avec les têtes de mes grands-parents mal cadrées qui s’affichent ! Ça m’a beaucoup touchée car on ne s’était jamais appelés en vidéo et ils ont appris à se servir de whatsapp spécialement pour appeler leurs petits-enfants.

Voilà, ce sont des choses très très simples, mais pourtant je pense que ça changera mes habitudes après le confinement. Et peut-être que c’est aussi « grâce » à ça que je t’écris ce mail aujourd’hui…


Gabrielle, plus fort.e.s ensemble

Il y a trois mois, que signifiait 2020 pour moi ? 2020, c’était le retour en métropole après deux ans passés à Mayotte, c’était le retour près de ma famille, j’imaginais un été plein de concerts et de festivals, et surtout l’année de mon mariage. Une année pleine de promesses comme nous espérions tous au premier janvier.

Et puis un jour, j’ai vu des ambulanciers paniqués amener une patiente en détresse respiratoire dans le service de réanimation où je travaille en tant qu’infirmière depuis quelques mois. Et c’est là, que j’ai pour la première fois entendue parler du Covid 19. Nous n’étions absolument pas prêts, nous personnels de santé, mais aussi l’administration hospitalière ou les locaux. Heureusement pour nous, cette patiente avait la grippe et est rentrée chez elle quelques jours plus tard. S’en sont alors suivies plusieurs semaines de tâtonnements, de nouveaux protocoles et de modifications organisationnelles du service.

J’ai la chance de vivre dans une région « verte » comme dirait Mr Véran. Quand nos proches nous demandent comment cela se passe dans le service, nous répondons toujours, « heureusement nous avons eu le temps de nous préparer, nous avons eu le temps, comparé à l’est de la France, d’anticiper nos besoins matériels et humains ». C’est sans doute faux, nous n’étions pas prêts psychologiquement. Nos collègues de l’est nous avaient prévenus mais jusqu’au dernier moment, jusqu’à ce qu’en 3 jours, notre service de 30 lits soit rempli de 30 patients Covid de tous horizons,qui auraient pu être notre mère, notre frère ou notre voisin, nous ne savions pas quelle force mentale nous serait nécessaire pour affronter cela.

Passée la stupeur des premiers jours, nous avons commencé à  recevoir des petits mots et des dessins d’enfants, et les murs du service se sont couverts de dessins de superman, spiderman et wonder women. Nous avons eu la surprise d’avoir à chaque pause repas des petits plats préparés par des traiteurs locaux, des chocolats offerts par des familles, et d’autres cadeaux plus farfelus comme des transats offerts par des associations. C’est à ce moment-là que nous nous sommes rendus compte que notre force mentale c’était vous. Nous étions vos mains qui soignions vos parents avec le plus d’attention et de délicatesse possible et vous étiez le rappel que dehors le monde tient debout, que nous restons unis les uns aux autres qu’importe la crise que nous traversons.

C’est vous qui m’avez permis d’envisager un quotidien une fois ma blouse au linge sale. C’est grâce à vous si je continue à espérer pouvoir maintenir mon mariage dans quelques mois. C’est vous aussi qui me faites mourir de rire à 20h, moi sur mon vélo, vous à vos balcons redoublant d’inventivité et d’applaudissements tous les soirs si bien que je me sens à l’arrivée du tour de France.

Parce que je sais que le confinement, même s’il a été dur pour vous, a été salvateur pour nous. Alors du fond du cœur, merci.


Jennifer, une jolie nouvelle

J’ai envie de participer à ce chouette projet car c’est une jolie nouvelle que j’ai envie de partager avec toi (et les autres). Et bien voilà, peu de jours avant qu’on nous annonce le confinement j’ai appris que j’allais être maman pour la fin de l’année. Annoncer des bonnes nouvelles et mettre de la bonne humeur pendant cette période a beaucoup aidé, moi et mes proches.

Maintenant j’ai hâte de pouvoir vivre cette nouvelle aventure un peu plus sereinement bien que nous ne sachions pas quand tout cela sera fini.


Amandine, faire le bilan

Je prends le temps ce soir de t’adresser ce message pour te parler de ma parenthèse à moi qui est plus une continuité … Que m’a apporté ce confinement ? La confirmation que mon virage professionnel de l’année dernière est le bon.

Voilà mon histoire : Après un master en droit que je termine en 2015, c’est la douche froide : je n’aime pas du tout mon métier de juriste !Très studieuse et avec un profil première de la classe, je me suis engouffrée dans des études de droit, persuadée d’y avoir ma place. Cinq années théoriques plus tard, mais qu’est-ce-que je fais là ?! Bon, on verra plus tard. L’heure est à l’aventure. Je m’étais promis de partir voyager après mes études alors je fais le sac à dos et je m’envole en Australie pour quinze mois. Je navigue d’auberge en auberge et de rencontre en rencontre. Moi, plutôt timide et réservée, je me nourris de ces rencontres et ces échanges spontanés. Je grandis, plus qu’à la fac, plus qu’en entreprise. Je me découvre, ou plutôt je me rencontre enfin.Puis vient l’heure de rentrer en France et reprendre une « vraie vie » (pire expression, ce que j’ai vécu là bas était plus vrai que toute autre expérience !). Me voilà embauchée chez des mandataires judiciaires. » On a besoin d’une personne compatissante, avec un intérêt pour le social car on aide des gens dont l’entreprise s’écroule ». Chouette, je suis en quête de sens. Et puis très vite : « bon allez, vous n’êtes pas assistante sociale, on clôture les dossiers, on facture, on fait rentrer de l’argent, merci et au revoir ». Aïe.

Allô maman bobo, je déteste ma vie, je fais quoi … Quelques péripéties plus tard, me voilà face à une conseillère qui m’aide à dresser le bilan. À l’issue de quelques séances, la réponse est là, sous mon nez. Presque depuis toujours. À portée de main, mais toujours ignorée. Je dois devenir maîtresse d’école (professeure des écoles pour faire bien … mais maîtresse c’est cool). What ? Mais non … mais moi j’ai bossé dans le droit jusqu’ici … je pensais faire des contrats, pas de la grammaire … Oui mais voilà. Il y a un an je prends un virage un peu fou à l’heure où mes copines signent leur CDI de juriste. Je deviens suppléante en école primaire.Un remplacement en CM2 puis un poste à l’année en CM1/CM2. « Tu verras, y a pas de reconnaissance. Et le salaire, n’en parlons pas … ». Ah. Ben, on verra. Le droit de toute façon, je ne peux pas. 

Et puis arrivent les premiers « maîtresses ». C’est à moi qu’ils parlent ? Les premiers dessins déposés sur le bureau. Les premiers « ah merci maîtresse, j’ai compris ! ». Waaah, c’est ça se sentir utile ? Mais pourquoi je m’attache à eux comme ça ? Mais, c’est la fin de l’année, pourquoi ils pleurent ? Et pourquoi je pleure avec eux ? J’avais trouvé ma voie. Mais le chemin était loin d’être fini. On en vient au confinement (oui depuis le début tu dois te dire que je raconte ma vie mais que bon, quel rapport ?). Etre enseignante confinée, on va pas se mentir, c’est la MERDE ! Les écoles ferment, il faut assurer la continuité pédagogique.Le tout, avec un double niveau. Le tout, avec des élèves à besoins particuliers.Et il faut appeler les familles pour garder le lien. Et tout préparer sur fiches alors que tant de choses passent dans l’interaction. Oh que c’est dur. Et pourtant.

Je crois qu’il n’a jamais été aussi difficile d’être enseignant. Et pourtant ce métier n’a jamais autant résonné en moi. Il ne m’a jamais autant animée. Les larmes ont coulé à l’annonce de la fermeture des écoles. Les premiers jours d’envoi sans retours ont été lourds. Et puis les premiers « allô maîtresse » au téléphone m’ont donné la chair de poule. Comme je les aime … comme je suis fière d’être leur maîtresse. Comme je suis fière de leur capacité à continuer, à avancer, à faire leur travail. Les enfants ont cette insouciance, si belle et si pure dont nous devrions tous nous inspirer. 
Ces derniers jours, il a fallu préparer la reprise du 11 mai. Je crois que je n’ai jamais autant travaillé de ma vie. Je ne me suis jamais autant inquiétée. J’ai repensé quarante fois mon plan de classe pour être sûre qu’il fonctionne. J’ai lu et relu les consignes sanitaires. J’ai essayé de tout anticiper sachant qu’il y aura des inconnus. J’ai vu la peur dans le regard de mes collègues, la fatigue dans celui de ma directrice.Le mien disait : rendez-les moi. Si ce confinement aura servi à une chose, c’est me prouver que je ne me suis pas trompée. J’exerce ce nouveau métier dans les conditions les plus difficiles qu’il soit. Et je l’aime par-dessus tout. Lundi je retrouve leurs visages, leurs sourires. Ils effaceront mon angoisse. Ils nourriront mon coeur de maîtresse bien en peine depuis quelques semaines. 
Dans une société où tout va vite, on nous a forcé à mettre pause, à dire stop. L’occasion de tester de nouvelles choses, prendre du recul, se poser des questions, faire le bilan. Il est là mon bilan. Il y a 3 ans je me cassais la gueule à Paris dans un boulot que je détestais et une ville qui me rendait malheureuse. Je me voyais comme celle qui a échoué. Et aujourd’hui j’ai un métier que j’aime plus que tout et pour lequel je signe encore et encore. J’espère que notre école retrouvera ses couleurs et sa joie de vivre.J’espère que cette nouvelle école que nous inventons n’est pas celle de demain.J’espère que leurs rires calmeront nos peurs, comme ils l’ont toujours fait … Mais une chose est sûre : confinée ou pas, je suis enseignante.

Voilà pour moi. Un long mail … J’espère qu’il t’aura fait sourire. Si tu décides de le partager en témoignages, mon unique message sera : on peut toujours trouver sa voie. Quand les choses sont justes, les portes s’ouvrent. Laissez le coeur parler, le reste se fera tout seul.


Clémence, sortir de sa zone de confort

C’est avec un grand plaisir que je me suis installée dans mon jardin pour t’écrire ce mail, suite à la story Instagram que tu as publiée.

J’aimerais apporter mon témoignage sur comment cette parenthèse de confinement a très clairement changé ma vie.

Le petit contexte initial :  Je m’appelle Clémence, j’ai 27 ans.
A l’heure d’aujourd’hui, je suis en couple depuis plus de 10 ans, mariée depuis 6 ans bientôt, propriétaire depuis 3 ans, maman depuis 2 ans.
La belle vie. Toutes les cases remplies. Plus pour longtemps.
Je vais divorcer. Le coup de massue énorme, bien qu’inévitable après de nombreux mois (pré-confinement) à lutter. Les larmes, la tristesse, la peine m’accompagnent tous les jours.

Mais, aujourd’hui, c’est bien un témoignage positif que je souhaite partager.
Cette séparation qui se prépare et ce confinement m’a permis (au delà de faire le point comme beaucoup d’entre nous) de me R-E-V-E-L-E-R !
Et de me rendre compte que mes aspirations étaient ailleurs et qu’à vouloir remplir toutes les cases, je m’étais oubliée en chemin.
Mais pas seulement, moi avec mes idées en tête qui ne tentait jamais rien, qui avait toujours peur de tout, qui a un énorme manque de confiance en moi (mais je me soigne !), j’ai osé ! Oser croire en mes envies, en mes projets, en ma capacité à ressortir plus forte de tout ça.

J’ai mis et je mets encore tout ce temps à profit pour réaliser mon projet : devenir consultante en organisation personnelle et professionnelle.
J’ai enfin effectué ma formation à distance, et je travaille maintenant mon projet final pour me lancer dans les prochains mois.
Je n’aurais jamais cru ça possible. Mais tout ceci m’a fait me dépasser. (Et il fallait que je me raccroche à quelque chose pour ne pas sombrer).

Pour la première fois de ma vie, j’ai pensé à moi. Et à ma future vie et celle de mon petit garçon adorable de 2 ans.
Je ne me suis jamais sentie autant en phase avec moi même. Et pour moi, c’est vraiment beaucoup. (Surtout que je n’ai en plus jamais réussi à trouver ma voie professionnellement parlant, enchainant contrat sur contrat).
Mon avenir personnel est incertain mais j’ai enfin trouvé ma voie.

Merci le confinement. Merci la vie.
Sortir de sa zone de confort fait peur. Mais c’est là où le vrai bonheur se trouve.


Déborah, repartir à zéro

En écoutant ta story, déposer sur papier son « histoire » de confinés m’a donné envie. Pourtant ça n’est pas chose facile que de se livrer ainsi …On se demande au fond « qu’est ce que mon histoire aura de mieux que celle d’un autre pour attirer l’attention? » Et puis je me suis dit que la démarche était bien trop jolie pour passer à côté. Parce que peut être que cette histoire ne sera pas sélectionnée mais elle a le mérite de m’avoir aidé à tenir pendant cette période compliquée que nous vivons actuellement et d’aimer chaque jour un peu plus.

C’est une histoire de passion pour la cuisine. Mais c’est une histoire d’amour avant tout.

Il y a un an et demi je le rencontre au cours de mon premier stage dans la restauration. Année de reconversion professionnelle pour moi. Repartir à zéro. Apprendre un nouveau métier. Aujourd’hui on est confinés tous les deux. On cuisine ensemble chaque midi et soir et on s’aime un peu plus chaque matin. Face aux difficultés auxquelles nous devons faire face professionnellement, nous avons décidé de nous lancer dans la vente à emporter. Nous n’étions pas préparés à vivre ça … mais il faut se réinventer chaque jour en ce moment… Grâce à cette passion mutuelle pour la cuisine et ce projet commun nous allons surmonter cette crise tous les deux jusqu’à des jours meilleurs. C’est essentiel actuellement de faire de ces petits moments de la vie des grands souvenirs.

Je me suis surtout dit que cette période était compliquée pour pas mal de secteurs professionnels mais que cette reconversion était malgré tout la meilleure décision que j ai prise de ma vie. Je vis de ma passion et j’ai fais la plus jolie des rencontres. Toute personne à qui le confinement a donné des envies de reconversion et qui est réellement animée par une passion doit sauter le pas. Pour ma part, ça n’était pas le timing idéal pour se lancer à son compte mais on ne peut pas prévoir ces choses là. Et malgré tout, je me lève chaque jour en me disant que je n’ai aucun regret. Si mon histoire peut aider une personne ou deux à se lancer j’en serais ravie.


Nicole, une réconciliation

En voyant tes story insta, je me suis identifiée dans ce que tu disais dans le sens où on a appris des choses pendant ce confinement et donc tourner tout cela au positif.  Alors voilà, je vais te raconter un peu comment moi j’ai vécu toute cette période.

Je suis étudiante en deuxième année à la fac et le soir de l’annonce de la fermeture des universités je t’avoue qu’avec ma sœur (avec qui j’habite) ça a été grand moment de panique. On avait trois possibilités qui s’offraient à nous : on pouvait rester dans notre appartement à deux mais c’était un peu dommage de rester là, on pouvait aller chez notre père et être avec notre petit frère et notre petite sœur (demi-frère et demi-sœur mais on s’en fiche) ou alors aller chez notre mère où habite encore notre frère. Après avoir pesé le pour et le contre de chaque possibilité, nous sommes parties chez ma mère le samedi matin.

Il faut savoir que depuis le dernier jour du collège, je ne parle presque plus à ma mère sans raison particulière mais on s’est éloignées. Seulement, le fait de ne plus habiter avec ma mère et mon frère depuis 5 ans, je me rends bien compte qu’on a tous évolué de façon complètements différentes. Par exemple, avec ma sœur nous ne mangeons presque plus de viande, depuis le début du confinement il y a de la viande à tous les repas. Nous avons aussi appris à vivre dans le silence pour pouvoir nous concentrer sur nos révisions et ma mère a l’habitude de dire qu’une maison dans le silence ce n’est pas une maison qui vit.

On a donc commencé à prendre sur nous, parce que c’était nous qui étions venues et donc nous devions nous adapter à leur nouveau mode de vie.  Or ce n’est pas la chose à faire, nous n’avions pas pris le temps de discuter mais au bout de 3 semaines à ne rien dire, on explose.

                Je suis sujette à des crises d’angoisse et avec l’organisation des partiels à distance, c’est assez compliqué pour moi et j’ai pris l’habitude de m’isoler pour ne pas que les personnes ne puissent le voir car j’ai toujours un peu honte. Seulement, quand personne ne sort de la maison, on ne peut pas se cacher et avoir un moment où personne ne nous entend et où on est vraiment tout seul.

                Ce confinement m’a donc permis en soi à dire stop. En général, quand quelque chose ne me plaît pas, quand quelqu’un fait un commentaire qui ne me plaît pas ou qui me blesse ou encore quand je me retrouve dans une situation qui me met mal à l’aise je me tais et je prends sur moi. Par la suite en temps normal, j’ai la possibilité d’aller souffler un peu et de me prendre mes dix-quinze minutes où je me recentre sur moi.  Ce que je ne pensais pas être autorisé à faire maintenant car je n’étais pas chez moi. J’ai donc pris sur moi et j’ai parlé à ma mère pour lui exposer que j’avais besoin de pouvoir me concentrer sur mes cours et que j’avais vraiment besoin de silence. J’avais vraiment peur qu’elle le prenne mal. Et en fait, on a beaucoup discuté et ça m’a permis de renouer un lien avec ma mère (ou du moins on est sur le bon chemin). Pendant ces 2 mois de confinement chez ma maman en fait on a plus discuté et échangé que pendant les 5 dernières années.

                En quelque sorte, je suis contente de passer ce confinement chez ma mère car même si je me rends compte qu’on a tous évolué de façon différentes, j’ai évolué et en plus j’ai été capable de parler avec ma mère même si j’avais peur de la blesser parce que j’ai accepté de me faire passer en premier et d’arrêter de tout faire par rapport aux autres.

                Je ne sais pas si j’arriverai à tenir cette attitude et cette façon de penser après le confinement mais au moins maintenant je sais que j’en suis capable. Et surtout je reparle normalement avec ma mère et ça n’a pas de prix.


Clotilde, s’écouter avant tout

L’heure est bientôt au déconfinement et je pense qu’il y a autant de visions du confinement que de personnes sur terre et ce soir, j’avais envie de te partager un peu mon ressenti, te partager ce que le confinement m’a appris.. Aujourd’hui, cela fait 54 jours que l’on est confinés et mine de rien, cela m’a appris une chose : il est essentiel de vivre pour soi et de savoir souffler et relativiser.

Je ne te le cache pas, les premiers jours de ce confinement ont été difficiles à vivre pour moi : entre le concours que je devais passer qui s’éloignait un peu plus (professeur des écoles), ne plus pouvoir voir mes proches, mon copain, avoir envie de grignoter h24, avoir envie de passer la journée devant les dessins-animés, ne plus avoir la motivation ne serait-ce que pour faire un exercice de mathématiques. Et pourtant, je crois aujourd’hui, peut-être parce que c’est bientôt la « fin », que ce confinement m’a permis de réapprendre à vivre avec moi-même. C’est un peu étrange dis comme ça mais j’ai souvent vécu les choses pour les autres ou pour de mauvaises raisons : je faisais du sport pour perdre du poids, pour répondre à une image, un dictat, je cuisinais des supers repas healthy parfois juste pour prendre cette belle photographie à publier sur instagram, je partageais des conseils pour se sentir mieux alors que je n’étais pas fichue de me les appliquer à moi-même. Merde, enfin on vit dans une société où même le confinement doit être dicté : tu DOIS faire du sport, tu DOIS faire des gâteaux, tu DOIS faire du pain, tu DOIS commencer à jardiner, bah oui sinon ton confinement il est raté.

Les premiers jours je m’y prêtais plutôt bien jusqu’au moment où j’ai commencé à culpabiliser car je prenais du poids avec ces magnifiques cookies, parce que je n’arrivais pas à m’organiser dans mes révisions, parce que je ne tenais pas pendant mes séances de sport donc j’ai fait une pause de plusieurs jours que ce soit dans le sport ou dans les révisions et j’ai regardé beaucoup de conférences (Frédéric Lenoir entre autre), lu énormément pour me rendre compte que l’on a qu’une vie et que c’était si dommage de se mettre des impératifs. Un exemple tout bête, ce matin je me suis pesée  et là 56 kg  (et je t’avoue qu’avant j’aurai peut-être pleuré) mais qu’est-ce que c’est en fait ? Des chiffres, une masse, une unité de mesure. Ce n’est en rien ce qui me définit et aujourd’hui je ne dirai pas que je m’accepte totalement mais je m’aime bien parce que je suis heureuse et que ça, ça n’a pas de prix.

Aujourd’hui, je fais du sport parce que j’adore ça, parce que je me sens vivante, je commence même à apprécier les maths et je me surprends à vouloir continuer jusqu’à ce que je comprenne, ce sur quoi j’aurai bloqué il y a quelques temps.  Je me surprends à t’écrire ce que je ressens, ce qui est assez difficile pour moi de trouver les mots « justes » . J’ai 26 ans et j’ai vécu pas mal d’événements marquants dans ma vie (j’ai été harcelée au collège, j’ai pas mal redoublé, j’ai perdu mon papa et j’en passe) et ce confinement a vraiment été difficile et je l’ai énormément craint mais en fait, je pense que rien n’arrive par hasard et que j’avais besoin de me retrouver, je pense que c’était le moment de me dire « Clotilde, réveille toi et vis pour toi » 


K. , tourner la page

Cette parenthèse n’est pas réellement joyeuse mais j’en tire beaucoup.

Avant ce confinement, j’essayais de passer à autre chose, de tourner la page vis à vis de ma dernière histoire « d’amour ». 

Elle ne s’était pas mal finie, le vrai problème c’est qu’elle n’a pas été clairement terminée. C’était une histoire qui n’était pas claire dès le début et j’ai cru bon de croire que cela me convenait. De son côté à lui, il ne savait pas vraiment où il en était ni ce qu’il voulait, ou bien je refusais de voir ce qu’il souhaitait. Ce qui a conduit a beaucoup d’allers-retours entre le « je te veux dans ma vie » et le « ha non pas tant que ça ». Amoureuse comme je suis, je suivais le rythme et mes amis observaient ces hauts et bas impuissants. Quelques mois avant le confinement, j’ai fini par me résoudre à me laisser partir. Ce n’était pas moi, cette personne si dépendante d’une autre, cette personne qui s’acharnait à se créer une place dans la vie d’une autre parce que « il y aurait encore une chance ».

Suite à cette décision, j’ai fait ce que toute personne déterminée à passer à autres choses fait. J’ai multiplié les rencontres, les sorties, les activités. Tout, pourvu que je n’aie pas le temps de penser à lui, à ce que je ressentais ou à où j’en étais réellement. Puis. Confinement. 

Je ne vais pas me plaindre, rester chez moi et avoir une bonne excuse pour le faire est un réel bonheur. Les premiers jours étaient parfaits. Jusqu’à ce que la réalité me rattrape. « Il en est où lui ? Il fait quoi ? Et si on était ensemble ça se passerait comment ? ». Force du destin, il est venu me parler. Une fois, deux fois, trois fois, toujours avec une bonne excuse, un petit ton joueur mais très peu de clarté dans ses intentions. J’ai toujours rêvé d’avoir un traducteur, un outil, un gadget qui me permettrait de comprendre ce que les gens veulent vraiment. Ce serait bien trop simple, n’est-ce pas ? 

Deux semaines de confinement, je suis tourmentée. J’ai envie de lui parler, d’attirer son attention, de l’avoir dans ma vie et de faire partie de la sienne. Je résiste. J’essaie encore de me changer les idées. Se changer les idées en confinement, seule avec soi-même, est un challenge, on arrive vite à bout de toutes activités. On finit par tourner en rond dans notre bocal. Alors je me pose. Je réfléchis. Je retente même la méditation. 

Spoiler : je n’ai pas juste observé mes pensées, je suis tombée dedans.

J’ai laissé tous mes souvenirs revenir et toutes mes émotions parler. Rien d’agréable, douloureux même. Je ressens une grande tristesse quand je repense aux moments où il ne m’a pas choisie, à ces mots durs qu’il a pu prononcer, ou encore à sa nonchalance. J’ai ce petit pincement au coeur quand je me remémore ses petites déclarations, ses petites attentions, nos petits jeux de séduction. J’ai ce doute « était-ce juste un jeu ? un passe-temps pour lui? » Puis soudainement, je suis juste nostalgique. J’ai ce petit sourire quand je repense à combien j’étais heureuse, à comment je suis tombée amoureuse, à toutes nos discussions tard le soir. 

Quelques jours passent, toujours avec quelques hauts et quelques bas, lui et « nous » ancrés dans ma tête. Je les laisse venir, je les laisse passer, je n’essaie pas de ne pas y penser. Et voilà qu’au bout d’une semaine (vraiment) je l’accepte enfin. Lui et moi ce n’est pas possible pour des centaines de raisons. Je suis amoureuse, certes, mais j’ai fait le deuil de notre « relation». Ce n’était pas sain pour moi, ce yo-yo émotionnel et cette inconstance. J’ai enfin compris ce qu’il me fallait à moi pour être heureuse, et non ce qui était « acceptable » d’avoir. Je préfère donc abandonner l’idée de l’avoir, m’épanouir seule (oui, je le savais déjà … mas c’est autre chose de vraiment le ressentir) et voir ce que l’avenir me réserve. J’ai d’abord cru que je me berçais encore d’illusions « tu n’es pas vraiment passée à autres choses, tu fais semblant ». Puis il est revenu me parler (oui, oui, encore). Devine quoi ? J’étais contente qu’il pense à moi, mais ravie de m’en tenir aux politesses.

Leçons du confinement : Ne pas enterrer ce que je ressens sous des tonnes d’activités. Au final j’aurais fait en trois semaines ce que j’ai été incapable de faire en presque six mois. Je médite enfin ! Laisser ses émotions et ses pensées venir, les écouter, les comprendre pour pouvoir vivre avec elles, et se construire avec elles. Cette parenthèse dans le temps a du bon.


Encore merci pour vos témoignages, merci d’avoir pris le temps de lire cette deuxième édition.

Merci d’avoir été là sur Instagram pendant ces jours de confinement. Prenez soin de vous et des autres ♥︎

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  1. Clémence 17 mai 2020

    Ces témoignages ont bouleversé mon coeur. Toutes ces personnes sont tellement fortes et incroyables. Je me suis reconnue dans tellement d’entre elles.
    Relire mon propre témoignage a été comme une bouffée d’air frais, une thérapie.
    Merci encore mille fois de nous avoir donné la parole. ♡
    (Et promis, je sortirais de l’ombre pour ne plus faire partie de ces lectrices cachées).
    Des bisous.

    1. Carnet Prune 25 mai 2020

      Clémence > Merci encore une fois Clémence, et je te souhaite le meilleur ♥︎

  2. Manon 19 mai 2020

    De nouvelles histoires et de nouveaux frissons ! :) Merci Angéline !

    1. Carnet Prune 25 mai 2020

      Manon > Ooh ♥︎

  3. shininghedgehog 19 mai 2020

    Encore une fois tant de belles histoires, merci pour ce partage!!

    1. Carnet Prune 25 mai 2020

      shininghedgehog > Merci pour elles :)

  4. Alexia 20 mai 2020

    Y aura-t-il une 3ème édition ? Peut être dans un autre contexte…
    Ça fait tellement de bien de lire tous ces témoignages !

    1. Carnet Prune 25 mai 2020

      Alexia > Ce n’est pas prévu pour le moment :)